Le chirurgien que vous avez consulté pour traiter votre doigt à ressaut vous a suggéré une prise en charge médicale ou une intervention chirurgicale. Pour faire un choix éclairé, il est essentiel que vous soyez informé des risques potentiels ainsi que des conséquences et du déroulement attendu de ces traitements.
Comprendre le doigt à ressaut
Le doigt à ressaut, ou « trigger finger », est une pathologie due à l’épaississement du tendon fléchisseur des doigts, qui se coince dans sa gaine devenue trop étroite. Cela entraîne des douleurs et des blocages lors des mouvements de flexion et d’extension des doigts, souvent plus marqués au réveil. Avec le temps, l’inflammation du tendon aggrave le frottement et aggrave le problème.
Symptômes et diagnostic
Les signes typiques incluent des douleurs, des blocages transitoires et, dans les cas avancés, une raideur du doigt voire un blocage complet en flexion ou en extension. Tous les doigts, y compris le pouce, peuvent être touchés. Certaines conditions, comme le diabète ou les maladies rhumatismales, peuvent favoriser l’apparition du doigt à ressaut. Aucun examen complémentaire n’est généralement nécessaire, bien qu’une échographie puisse être utile dans les formes débutantes.
Les options de traitement
- Traitement médical : L’infiltration de corticoïdes permet de réduire l’inflammation et de soulager les symptômes. Cependant, les récidives sont possibles. Une à deux infiltrations maximum sont recommandées.
- Traitement chirurgical : soit par une incision à la peau soit par technique écho-guidée. Indiqué en cas d’échec des infiltrations ou de blocages sévères. Réalisée sous anesthésie locale et en ambulatoire, la chirurgie consiste à ouvrir partiellement la gaine tendineuse pour libérer le tendon. Parfois, une excision de la synoviale est nécessaire en cas d’inflammation importante. La mobilité du doigt est encouragée dès le jour même de l’opération. La récupération complète peut parfois prendre plusieurs semaines voir mois.
Les complications possibles
Bien que la chirurgie soit simple, certaines complications peuvent survenir :
- Sensibilité ou gonflement de la cicatrice.
- Risque d’hématome, généralement résorbé spontanément.
- Raideur digitale, surtout si elle existait avant l’opération.
- Infection rare nécessitant un traitement antibiotique.
- Œdème temporaire causant une gêne.
- Algodystrophie, une réaction inflammatoire douloureuse nécessitant une prise en charge spécifique.
Préparation et récupération
- L’intervention se fait en ambulatoire avec un retour à domicile le jour même.
- Des soins infirmiers sont nécessaires pendant environ 15 jours.
- Une rééducation peut être recommandée pour améliorer la mobilité.
- La durée de l’arrêt de travail dépend de la profession du patient.
Sources
- From diagnosis to rehabilitation of trigger finger : a narrative review. D.Donati and al. BMC Muskulotskelet Disord. 2024 Dec 23;25(1):1061. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/39716186
- Ultrasound-guided vs. non-guided trigger finger release: a systematic review and meta-analysis.Int. Orthop. 2024 Sep;48(9):2429-2437. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38953949
- Does lidocaine reduce pain intensity during corticosteroid injection? A double-blind randomized controlled equivalence trial
Teun Teunis et al. J Hand Surg Eur Vol. 2024 Nov. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38641946/


